Harper et l’émeute de Montréal-Nord
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En août 2008, Stockwell Day a confirmé de son côté que la mise en oeuvre de sa stratégie dite «de sécurité» reposait en grande partie sur «l’augmentation du nombre d’agents de police dans nos rues».
Les fonds du gouvernement fédéral, on l’aura compris, n’ont pas servi à soutenir les enquêteurs qui auraient sans doute été les mieux placés pour lutter efficacement contre les gangs de rue. L’objectif n’était pas là. Les fonds ont plutôt servi, aux «expéditions de pêche» (1). Ils ont servi, conformément au délire sécuritaire du gouvernement conservateur, à envoyer des policiers dits «de première ligne» dans les quartiers chauds pour donner une impression de sécurité.
Comment arrive-t-on à donner cette impression? En misant sur ce qui paraît plutôt que sur ce qui compte. En rendant les policiers bien visibles et en augmentant les contrôles d’identité injustifiés. Avec les conséquences que l’on sait.
Le déploiement de l’escouade Éclipse en 2008 n’explique pas tout puisque, entre 2001 et 2007, on avait déjà noté une augmentation de 127% des contrôles d’identité de Noirs. Mais il a accentué le problème à Montréal-Nord: le nombre d’interpellations a augmenté de 50% entre 2007 et 2008.
La stratégie s’est révélée d’une inefficacité sidérante. Les deux tiers des interpellations de Noirs dans Montréal-Nord reposent sur des motifs que l’on peut qualifier de «faibles», nous dit le rapport complémentaire du criminologue Mathieu Charest présenté lundi à l’enquête Villanueva. Ces interpellations «ouvrent la voie aux perceptions de profilage ethnique et au mécontentement». Quand la vaste majorité des interpellations concernent des gens qui ont peu à voir avec le milieu criminel que l’on se propose de combattre, il y a lieu de se poser de sérieuses questions, souligne-t-il.
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