Profilage racial au SPVM: un rapport alarmant !!!
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par Catherine Handfield (La Presse)
Le profilage ethnique existe bel et bien au SPVM. Dans les quartiers sensibles du nord de la métropole, la proportion de personnes noires interpellées est même «alarmante», conclut un rapport interne de la police de Montréal qu’a obtenu La Presse. La direction du SPVM remet en cause la méthodologie de son chercheur.
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De 2001 à 2007, les contrôles d’identité de personnes noires ont augmenté de 126% à Montréal-Nord et de 91% à Saint-Michel, selon un rapport interne de la police de Montréal. Deux Noirs interpellés sur trois ne sont pas liés aux gangs de rue.
Alors qu’on soulignait hier le deuxième anniversaire de la mort de Fredy Villanueva, La Presse a obtenu un document qui dresse un portrait «alarmant» du profilage racial au Service de police de la Ville de Montréal (SPVM).
Le rapport révèle que, dans les quartiers sensibles du nord de la métropole, environ 40% des jeunes hommes noirs ont été soumis à au moins un contrôle d’identité en 2006 et en 2007, contre seulement 5% à 6% des Blancs.
Une proportion «beaucoup trop élevée», conclut l’auteur de l’étude, Mathieu Charest, criminologue qui travaille pour la police de Montréal depuis 2006.
«Le SPVM devrait se donner comme objectif de revenir à un niveau acceptable de 10 à 15% et se doter d’outils permettant de mieux cibler les individus et éviter les “expéditions de pêche”»,
écrit-il.
Le rapport de 11 pages, qui date de mars 2009, a été produit dans la foulée des émeutes qui ont enflammé Montréal-Nord au lendemain de la mort de Fredy Villanueva, ce jeune homme de 18 ans abattu par un policier au mois d’août 2008. Le document, qui porte la mention «brouillon», n’a jamais été publié.
Son ton clair et percutant contraste avec la position officielle que le SPVM a défendue en juin lors des audiences de la Commission des droits de la personne. Sans nier l’existence du problème, le directeur adjoint Denis Desroches avait déclaré que le profilage n’était pas «systémique», mais plutôt attribuable au «savoir-être» des policiers.
Le SPVM a maintenu cette position, hier. Selon le le directeur adjoint Jean-François Pelletier, le rapport «ne reflète par la réalité», puisqu’il comporte des «biais énormes» sur le plan méthodologique.
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